vendredi 5 janvier 2018

Ombre et lumière- peindre la ville

Je vous propose de peindre un morceau de ville: ici l'une des portes de Noyers-sur-Serein, en Bourgogne.

Après avoir construit le dessin, assez succinctement, nous allons commencer par poser les ombres les plus fortes. Il s'agira principalement d'ombres portées. Pour cet exercice, nous utilisons peu de couleurs: pour ma part, je prends une terre de sienne naturelle, un brun sépia, un bleu outremer français et une touche de terre d'ombre brûlée pour réchauffer mes ombres.

Je veille, au moment de construire le dessin, à bien dessiner les contours de mes ombres, comme dans l'exemple ci-dessous:


 Le dessin des personnages est succin mais je veille à ce que le dessin des contours d'ombre soit précis. Les premières étapes de la mise en couleur vont être un jeu de coloriage, il me suffit de remplir les cases dessinées.


Je peins d'abord le ciel, puis les ombres portées, et enfin je commence à poser la masse des toitures (bleu outremer+brun sépia+ terre d'ombre brûlée).


Intéressons nous au détail du passage. L'ombre est traitée en deux temps. Je commence par peindre l'ombre portée de la maison de droite (brun sépia+terre de sienne nat.), et j'étends mon lavis pour traiter dans le même temps l'ombre propre de la porte (sous l'arc). Je travaille toujours mes lavis en dégradé. On pourra ainsi noter une ombre forte en partie haute de la porte, qui s'éclaircit au fur et à mesure que l'on se rapproche du sol. Dans un second temps, je peins l'ombre propre de la maison de droite. Je vais une fois de plus tirer mon lavis sur l'ombre portée du débord de toit de la même maison de droite. Toujours dans le même temps, je vais tirer le lavis sur les parties du passage peintes précédemment. Ce travail de superposition de glacis va me permettre de créer des zones estompées, et de fusionner les parties les unes avec les autres.


Le principe qui vient d'être détaillé sera appliqué systématiquement. Nous commençons par les ombres fortes, puis superposons les glacis. Une fois les ombres posées, nous allons traiter les différentes surfaces par un jeu de glacis. En superposant les couches nous allons progressivement retirer le blanc du papier. Il s'agit de ne garder que quelques zones blanches afin d'y concentrer la lumière. Notons que les ombres sont peintes avec les couleurs du support sur lequel elles se situent.


Tout en continuant à superposer les couches, je commence à traiter quelques détails: épis et crêtes de toitures. Ne lésinons pas sur l'eau. Le pigment doit être dilué dans une grande quantité d'eau. Cela évitera les traces de pinceau, et fera ressortir la luminosité du papier par transparence. Sans une quantité suffisante d'eau, vous obtiendrez un aplat opaque.



Puis je traite l'arrière plan avec un mélange brun/bleu. J'y mets moins de contraste afin qu'il n'y ai pas de confusion avec le plan de la porte.




Je vais terminer avec le premier plan, en traitant l'ombre qui se projette sur le sol, et les personnages qui s'y promènent. Pour peindre l'ombre du sol, la méthode est la même que celle vue précédemment. Je peins d'abord les parties les plus sombres avec un mélange bleu outremer/brun sépia, puis, une fois la première couche sèche, je refais un passage très dilué pour peindre la rigole pavée (j'applique le lavis à la zone restée blanche, ainsi qu'à la zone d'ombre plus sombre peinte précédemment, afin de créer un fondu).


A noter: pensez à faire une (ou plusieurs) esquisse  avant de commencer votre peinture. Cette (rapide) étude préalable vous permettra de penser la structure du dessin et la répartition des masses sombres et claires. En résumé, cette étude est essentielle, elle nous permet de mettre notre composition en place.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire